QUI EST-ELLE?

La tortue serpentine est la plus grosse et la plus impressionnante de nos tortues d’eau douce. Son nom lui a été donné à cause de son long cou rappelant la forme d’un serpent. Sa grande taille, sa longue queue dentée et sa carapace épaisse lui donnent des airs de créature préhistorique qui la rendent facilement reconnaissable. Son plastron (face ventrale de la carapace) est réduit et ne lui permet pas de se cacher complètement dans sa carapace, ce qui la rend plus vulnérable aux prédateurs. Cela explique en partie son comportement agressif lorsqu’elle se sent menacée. On lui donne même le nom de « snapping turtle » en anglais. Il est donc important, pour son propre bien (et pour le nôtre), de l’observer d’une certaine distance lorsqu’on la rencontre.


TortueSerpentine   Plastron

On peut retrouver la tortue serpentine dans différents types d’habitats. Elle peut fréquenter certains milieux humides tels que les étangs et les marais, mais peut également être aperçue dans nos lacs et nos rivières. Malgré sa capacité à coloniser presque tous les milieux d’eau douce, elle préfèrera les milieux humides ou les milieux aquatiques à faible courant, au fond vaseux et à la végétation dense. Avec un peu de chance, on peut l’apercevoir au mont Saint-Hilaire, aux abords du lac Hertel..


Male   Sur tronc

POURQUOI DOIT-ON LA PROTÉGER?

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) considère l’espèce comme « préoccupante », et ce pour différentes raisons. Tout d’abord, on remarque depuis quelques années une diminution des adultes dans les populations de tortues serpentines. Considérant que les femelles ne deviennent sexuellement matures qu’entre l’âge de 15 à 20 ans, une réduction du nombre d’adultes peut avoir un impact significatif sur le maintien des populations. De plus, son habitat est sans cesse menacé par les activités et les infrastructures humaines. En ce qui a trait à la pollution des cours d’eau, celle-ci affecterait assez peu les individus, mais diminuerait significativement leur succès de reproduction. Au Québec, l'espèce est protégée en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Cette loi interdit de les chasser, de les capturer, de les garder en captivité ou de les vendre, mais ce n’est pas le cas dans toutes les provinces canadiennes.


TORTUE ROUTE   Traverse

La tortue serpentine est aussi victime de ses prédateurs naturels. Les œufs de tortue sont particulièrement vulnérables, surtout face à certains mammifères comme le raton laveur, le renard roux ou la moufette rayée, qui les repèrent grâce à leur odorat. Les œufs peuvent également être parasités par des larves de mouches. Une fois hors du nid, les jeunes sont susceptibles d’être dévorés par certains mammifères ou oiseaux, tels que la corneille d’Amérique, le grand héron ou certains oiseaux de proie. Plus l’individu grossit, moins il est susceptible d’être la cible de prédateurs. Cependant, on estime que moins d’un embryon sur mille atteindra l’âge adulte.

Heron

COMMENT PEUT-ON LUI VENIR EN AIDE?

Il est possible d’offrir aux femelles un endroit sécuritaire pour pondre leurs œufs. Les femelles serpentines peuvent parcourir jusqu’à 10 km, dont 1 km en milieu terrestre pour trouver le type de substrat idéal pour y enterrer leurs œufs. Cela les obligera parfois à traverser des routes, des pistes cyclables ou des terrains privés, les rendant ainsi très vulnérables à des accidents parfois fatals. On peut donc leur donner un petit coup de pouce en protégeant les sites de pontes repérés ou en aménageant un site de ponte artificiel à proximité de leur milieu de vie. On choisira toutefois cette deuxième solution avec prudence en raison des conséquences peu connues. Une autre façon de lui venir en aide est de simplement la laisser tranquille, de ne pas la chasser, de ne pas tenter de la capturer ou de la toucher. La tortue serpentine ne ferait pas un très bon animal de compagnie de toute façon et elle restera assurément beaucoup plus heureuse dans son milieu naturel.


Droit d'auteur © 2012 Centre de la Nature Mont Saint-Hilaire


Crédits photos: Françoise Coté - Joan Ouellette - Daniel Cyr - Jacques Messier - Mireille Meister - Andre-Paul Therrien

Faire un don maintenant par CanadaHelps.org!